Facebook : la superpuissance du Web 2.0
5 mai 2010
Facebook : la superpuissance du Web 2.0
Cela fait déjà une semaine que Mark Zuckerberg, le jeune mais néanmoins talentueux fondateur/gourou/pdg de Facebook a annoncé la mise en place de l’Open Graph Protocol. L’Open Graph Protocol, est un protocole, un ensemble mis en pratique à travers d'un API qui permet de proposer les mêmes fonctionnalités que le réseau social Facebook sur n'importe quelle page web. Facebook à pour ambition de centraliser toutes les activités et habitudes de ses membres hors du simple cadre de son site. Cette annonce réalisée dans le cadre de la conférence F8 à fait l’effet d’une bombe et annonce ni plus ni moins la volonté de la part de Facebook de devenir la superpuissance du Web 2.0.
Désormais grâce à la fonctionnalité « J’aime », une extension qui vise tous les sites web qui souhaitent faciliter le partage de contenu entre les centaines de millions de membre de Facebook, il est possible de créer des interactions pérennes. Un site pourra par exemple proposer à un internaute, disposant d’un compte Facebook, de consulter l’article le plus apprécié de ses « amis ». Les « plugins socials » permettent d'apprécier des éléments individuels d'un site : un article, une vidéo, une image et pourquoi pas un commentaire laissé par un autre internaute. Le contenu « aimé » sera directement ajouté à votre fil d'actualités Facebook.

Cette fonctionnalité se base sur l’utilisation de cookies, un protocole de communication qui permet en outre de suivre les habitudes de navigation des internautes et de maintenir les données relatives à l'utilisateur durant sa navigation. Jusqu’à présent, chaque action effectuée sur une page pouvait être enregistrée automatiquement. Il est alors possible de dresser un profil anonyme de l’internaute. Avec le bouton « J’aime », le profil ne reste plus anonyme mais est directement associé au profil Facebook. Le déploiement de ce bouton et des autres plugins sociaux utilisant les mêmes cookies, permet donc à Facebook de connaître qui visite quelle page, aime quel contenu et quand.
Le rêve du père du web, Tim Berners-Lee, est en passe de devenir réalité mais à quel prix ? Les implications sur la sphère privée ne sont pas anodines. En une semaine plus de 50000 sites internet on déjà ajouté le bouton « J’aime » sur au moins une de leur page et l’engouement pour cette nouvelle fonctionnalité semble s’accélérer. Les détracteurs de Facebook soulignent que les informations stockées par les sites tiers ne le seront plus pendant 24h mais pour une durée indéfinie : ad vitam eternam. De plus, l’Open Graph Protocol permet aux sites tiers de récupérer beaucoup plus d'informations qu'auparavant. Plus inquiétant encore, la majorité des quelques 430 millions de membres du réseau social ne semblent pas se rendre compte qu’ils sont pistés où qu’ils aillent et que la muraille Facebook ressemble de plus en plus à la ligne Maginot : en apparence infranchissable mais en réalité facilement contournable.
Pour un site web souhaitant implanter ce genre de fonctionnalité, il semble nécessaire de prendre un temps de réflexion et d’analyse. Se rendre compte des conséquences sur la sphère privée d’un internaute au risque de voir ses fidèles internautes s’exiler. Attention, le retour de bâton peut être violent ….




