Google ou la nouvelle madame Irma

27 mai 2010

Google ou la nouvelle madame Irma


Avec son service Flu Trend, Google permettait déjà aux internautes de suivre l’évolution de grippe H1N1 dans le monde. Cet outil, mis en place lors de la pandémie qui toucha le monde en 2009, se base sur le nombre de requêtes faites sur le moteur de recherche.

Géolocalisé, le nombre de requêtes Google permet de dessiner des tendances révélatrices. Les internautes se servant désormais de Google Search comme d’une porte vers l’autodiagnostic médical, le nombre de requêtes portant sur des mots-clés en relation avec une maladie semble être corrélé avec le nombre de personnes atteints par cette maladie. Ainsi, dans le cas de la grippe H1N1, plus le nombre de requêtes portant sur la maladie est important, plus le nombre de malade l’est également. Bien sûr les résultats obtenus ne peuvent être exacts mais permettent d’avoir une indication intéressante sur la propagation.

 


 

L’utilisation du moteur de recherche pour la prévision d’évènements ne s’arrête là, de nouveaux domaines s’ouvrent à la voyance made in Google. Récemment des chercheurs de « l’Institut for Social & Economic Research » (ISER) de l’Université d’ Essex en Grande-Bretagne se sont penchés sur la pertinence d’utiliser Google Search afin de calculer un indicateur du taux de chômage basé également sur le nombre de requêtes. Le web étant de plus en plus utilisé afin de rechercher un emploi, il semble logique qu’un Google Index dévoilant la proportion de requêtes liées à la recherche d’un emploi permette d’obtenir une bonne appréciation du nombre de chômeur existant ou à devenir. Quelques travaux effectués en 2009 en Allemagne, Israël et Italie, attestent de la véracité et fiabilité de cet indicateur. Aux USA, l’utilisation de Google s’est même révélée être plus à même de prévoir le taux de chômage à court terme (3 mois) que les modèles traditionnels.

 

Les chercheurs relativisent néanmoins les résultats. D’une part, cet indicateur ne prend en compte que les personnes disposant d’un accès internet et d’autre part, l’indicateur comptabilise non seulement le nombre de personnes au chômage mais également le nombre de personnes en poste souhaitant ou devant changé d’emploi - comme quoi cette méthode s’avère également être un bon indicateur de la morosité économique ambiante.

 

Décliné en gadget par Google, cette méthode est même utilisée afin de pronostiquer le vainqueur de l’Eurovision 2010. Nommé iGoogle "Pronostics"   cet outil à vocation divertissante se base sur la popularité des candidats sur Google et utilise les mêmes règles de vote (un pays ne peut pas voter pour le chanteur de son propre pays, et les points attribués sont les mêmes). Plus un chanteur est recherché sur Google, plus il encaisse de points. A noter que Google a réussi à prédire la victoire de la Norvège en 2009 et à avoir une bonne idée du classement général de cette édition moscovite de l'Eurovision.

 

 

En devenant actionnaire majoritaire de Recorded Future, un moteur de recherche  qui prétend pourvoir prédire l'avenir, Google a enrichit son arsenal du web voyance. Les outils de prédiction sont promus à un bel avenir et les domaines d’utilisation semblent être multiples : de la prévision de la victoire d’un candidat  à une élection à l’établissement d’une liste des produits et marchés les plus prometteurs.



 
 
 
 
 

Newsletter

Inscrivez-vous à notre lettre d'information :

 
 
 

ActualitésToutes les Actualités